JANINE CHARRAT

Je pense à toi, parfois je t'envie... Non, s'il me fallait choisir, si je pouvais être toi je n'aurais pas le courage, je serais lâche, je me replierai au fond de ma peau intacte et je te regarderai souffrir... [...]

Mais c'est toi qui devrais me parler car maintenant tu es riche, tu as souffert, tu as voulu être, tu es toi-même et plus que toi-même et c'est à toi de me dire... mais plus tard quand on se rencontrera un soir tranquillement sous les tilleuls d'un quelconque Spolète ou dans les coulisses d'une scène endormie.


Maurice Béjart

 

Lettre adressée à Janine Charrat après son accident en 1961.

photos (Serge Lido)